Principe de vie
Une phrase toute simple pourrait résumer tout ce qui concerne le but de la vie ainsi que son principe: il nous faut témoigner de la grandeur et de la splendeur de l’Univers, servir soi et les autres. La mise en pratique d’une telle déclaration peut demander beaucoup de temps, même plusieurs vies.
Lorsque l’on décide d’étudier ce qui concerne le créativisme spirituel, il est souvent difficile de comprendre les relations qui existent entre le matériel et le spirituel. Le côté matériel est facile à comprendre dirons-nous. Chacun de nous vit à un moment donné avec un corps qui nous est particulier. De même, nous avons certaines capacités dont nous sommes conscients. Ces capacités peuvent être d’ordre physique comme la course ou la force physique ou encore mental comme la mémoire ou l’intelligence.
La relation entre le mental ou psychique et le physique ou matériel est relativement aisée à comprendre. Pour ce qui est de la vie spirituelle, c’est tout à fait autre chose. Il est très difficile à admettre qu’au niveau spirituel nous soyons tous égaux et que nous ayons à notre disposition les mêmes capacités dont nous n’avons qu’à faire usage. Vous voyez déjà la réaction de certaines personnes: «je n’y comprends rien car je n’ai pas l’intelligence voulue » ou bien « il est impensable que des personnes moins intelligentes que moi puissent comprendre les subtilités de la vie spirituelle ». Par manque de confiance ou par vanité, les gens refusent de prendre ce qui leur revient de droit. Bien sûr, si c’était vrai! Mais c’est trop beau pour être vrai!
Voilà les grandes phrases lancées. On voudrait bien y croire mais on ne pense au Père Noël qu’une fois par année. De plus, nous connaissons ce Père Noël et ses raisons! Ce qui est particulièrement difficile à admettre dans l’étude du Créativisme spirituel c’est que le monde physique, celui que nous connaissons et que nous aimons tant, a une existence réelle mais n’est pas une chose en soi et n’est surtout pas la RÉALITÉ. L’illusion n’est pas dans la chose, mais dans l’interprétation que nous donnons de la chose. Voici deux exemples qui j’espère vous feront comprendre la limitation de nos sens.
« Un jour, une grenouille de fleuve tomba dans un puits. C’était un grand puits nous faut-il ajouter! Elle y trouva une autre grenouille qui y vivait depuis sa naissance. Dès son arrivée, la grenouille de fleuve se sentit très à l’étroit. Le puits était si sombre que ses yeux avaient beaucoup de difficulté à distinguer les objets. Après les salutations d’usage, les deux grenouilles se mirent à échanger leurs idées et connaissances. La grenouille de puits n’en tarissait pas d’éloges pour son environnement. Elle connaissait presque tous les endroits du puits mais elle avait encore beaucoup à apprendre. Sûrement que l’endroit d’où venait la grenouille de fleuve était plus petit et moins beau. Vous pouvez imaginer sa surprise lorsque la grenouille de fleuve commença à lui raconter d’où elle venait. Impossible lui crie la grenouille du puits! Mon puits est tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand dans le monde. Tout ce que tu racontes relève de l’imagination! »
Eh oui, c’est trop beau pour être vrai! Tout ce que nous n’avons pas expérimenté ne peut se concevoir facilement. Pour cela, il nous faut avoir une très grande ouverture d’esprit. Mais ne réagissons-nous pas un peu comme la grenouille de puits lorsque nous limitons toutes nos expériences à notre corps ou aux capacités de notre intelligence?
« Un jour, deux petites fourmis amoureuses s’étaient étendues près de la rivière. Leur journée de travail terminée, elles rêvaient aux belles choses qui les attendraient dès qu’elles se seraient mariées. C’était par un beau clair de lune. Les fourmis se croyaient seules au monde. L’une disait à l’autre: regarde toutes les étoiles. Crois-tu qu’elles soient habitées? Bien sûr que non, dit l’autre. Tu sais bien que nous sommes les seuls êtres intelligents dans le monde. Que pourrait-il y avoir là-bas que nous ne connaissions déjà? Soudain, au milieu de la soirée, il y eut un grand bruit; comme un grondement de tonnerre. Ce grondement fut suivi d’un violent orage qui fit croître le niveau de la rivière et soudain un éboulis se produisit. Ce désastre emporta nos belles amoureuses et leurs rêves. Un homme venait d’arroser son gazon! »
Tout comme ces fourmis, nous nous limitons à ce que nos sens physiques peuvent nous apporter. Tout ce qui ne relève pas d’eux n’est pas vrai et y porter une attention quelconque serait de la folie. N’oublions-nous pas trop souvent que dans toutes les réalisations scientifiques, il y a toujours eu un grain de folie!

Mais revenons au Principe de vie. Nous vivons dans ce que les savants appellent un espace-temps. En mathématiques, nous dirions que chaque moment de notre vie peut être défini par un coefficient d’espace-temps. Qu’elle est la réalité de cet espace et de ce temps?
Dans l’histoire de l’homme, plusieurs proverbes bien connus prennent le temps en témoin. L’espace et le temps semblent être des unités immuables; et tout dans notre langage le laisse supposer. On parle souvent de course contre la montre et généralement il nous manque toujours un peu de temps pour réaliser nos buts. Pour celui qui n’a que peu de connaissances dans le créativisme spirituel, tout ce qui arrive dans un certain espace-temps semble être définitif, non transformable, irrémédiable.
Les vibrations de notre corps ainsi que celles de notre environnement, par leur grossièreté, nous portent à croire à la suprématie de la matière sur le spirituel. Quoi de plus erroné car avons-nous déjà songé aux émissions de radio et de télévision que nous recevons à tout instant chez-nous. Ces émissions sont dues à la propagation d’ondes électromagnétiques que l’on ne peut voir (à cause de leur fréquence qui est très élevée) et que nos appareils abaissent en fréquence (vibration) de façon à les placer à notre portée. Pourtant, à ce niveau, personne n’oserait affirmer que ces ondes n’existent pas. Si cela fonctionne pour les ondes radio, pourquoi ne pourrait-il en être de même pour nos pensées?
Une conception limitée du temps est souvent la pierre d’achoppement lorsqu’il s’agit de témoigner de la grandeur et de la splendeur de l’univers. Sauf pour la Loi de cause à effets (que nous traiterons au chapitre 5) rien n’est immuable, rien n’est définitif et rien n’est statique. Une conception spiritualiste du temps suppose que la seule Réalité est celle que l’on introduit dans et par sa pensée. Peu importe ce que l’on peut observer, seule compte notre conception ou notre acceptation des évènements. Peu importe ce qui se passe autour de nous, pour autant que l’on croie en l’amour divin; Dieu arrangera les choses en notre faveur sans que ce soit au détriment du prochain. Il faut tout simplement lui laisser la possibilité d’agir pour nous et pour les autres et permettons à Dieu ou à la Puissance Universelle de s’extérioriser à travers nous. Alors nous témoignons de la splendeur et de la perfection de l’univers.
Dans nos conversations, nous parlons souvent de Dieu ou de la Puissance Universelle. Quelle notion avons-nous de ce Dieu? Est-ce un Dieu d’amour, de bonté ou plutôt est-ce un despote cruel qui ne veut que notre pleine soumission?
Si cela était, pourquoi alors nous aurait-il crées libres? Malgré le fait que chacun de nous ait une conception différente de la notion de Dieu, nous nous accordons généralement pour dire que Dieu a fait l’homme à son image. À ce sujet, un maître disait un jour: «toutes les nations et tous les peuples ont leurs Dieux propres… Les uns ont le Dieu du feu, d’autres celui des récoltes…Chacun a un meilleur Dieu que son frère. Comment puis-je comprendre que Dieu ait fait l’homme à son image car devant cette multitude de Dieux, je dirais plutôt que chaque homme a fait Dieu à son image! »
Cette pensée imprégnée de haute spiritualité est tout ce qu’il y a de plus vrai. Peu d’hommes, en effet, s’accordent à donner une même définition de Dieu. L’homme ne peut définir ce dernier car il est l’Infini; il est tout. Comme nous ne pouvons définir que ce que nous pouvons comprendre, la nature de Dieu nous échappe. Pour nous, étudiants du créativisme spirituel, Dieu est défini par ses réalisations à travers nous. De même, la découverte de Dieu ne peut être que personnelle et ne sera toujours qu’un sentiment. Personne ne peut se mettre à sa recherche à notre place. De toute façon, bien qu’il soit partout et en tout, ce n’est qu’à l’intérieur de nous que nous pourrons le découvrir. Pour nombre d’entre nous, il semble impossible de trouver Dieu car quelques fois notre situation est tellement morose qu’il est impensable voire impossible que nous soyons une partie, aussi infime soit-elle, du Principe de vie, du Principe Divin.
Lorsque nous habitons à l’enseigne de la pauvreté, du malheur ou du désespoir, il peut sembler difficile d’y trouver un Dieu aimant et omnipotent. Cependant, il est important de se rappeler qu’au-delà de nos inhibitions et de nos troubles, Dieu est là qui attend. Il attend que l’on accepte consciemment l’harmonie et le bonheur qu’il nous offre; car comme le disait Jésus: mon Père et moi ne faisons qu’un. Ce n’est pas moi qui fais les œuvres mais Lui.
Peu importe la façon dont nous le concevons, Dieu ne pourra jamais être perçu que comme un sentiment et une certitude. À mesure que nous ressentons la véritable nature de Dieu et que nous l’extériorisons activement, nous prenons l’habitude de nous servir constamment de ce pouvoir, en mangeant, en courant, en respirant, en accomplissant les petites et les grandes tâches de notre vie. Simplement souhaiter, espérer ou désirer vivre Dieu dans notre vie ne pourra jamais produire cette découverte de Soi, cette découverte de Dieu. Pour vraiment évoluer, il doit y avoir la ferme volonté d’éliminer de notre vie tout ce qui n’est pas conforme à une vie spirituelle. Cela ne signifie nullement que notre vie deviendra sans buts ni joies car Jésus, notre Guide spirituel, est venu nous montrer le chemin pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance.
Contrairement à ce que la majorité des gens pensent, vivre spirituellement signifie qu’il nous est possible de vivre notre expérience physique ou corporelle plus intensément, plus totalement. L’instrument d’aliénation de l’homme est aussi l’instrument de son salut. C’est ainsi que nous devons resensibiliser l’instrument super-perfectionné qu’est notre corps et découvrir ses immenses possibilités. Nous devons aimer notre corps et en prendre soin car comme le dit le vieux dicton: un esprit sain dans un corps sain. N’oubliez pas que la plupart des grands Maîtres ont beaucoup appris de leur corps avant de pouvoir accéder à la vie spirituelle. De plus, la seule façon de découvrir Dieu étant par une recherche intérieure, notre corps demeure encore la Voie Royale pour sentir Dieu.
La découverte du Principe Divin peut se faire de façon instantanée mais doit, habituellement, s’apprendre. Pour sentir Dieu en nous, nous devons chercher à nous en approcher par tous les moyens possibles. Le fait d’employer très souvent le mot Dieu peut aider énormément. Nous aurons fait un grand pas lorsque nous pourrons prononcer ce terme à tout moment sans en ressentir de gêne. Nous commencerons alors à croire en ce que nous disons. En tout temps, nous devons chercher à percevoir Dieu comme le principe créateur s’écoulant à travers nous. Pour bien vivre Dieu, concentrez ce principe, activez-le, émettez-le avec une influence dynamique. De toutes façons, rappelez-vous qu’il vous suffit de dire Dieu une seule fois en sachant ce que cela signifie, pour votre corps ne reprenne jamais son précédent rythme vibratoire.